Je viens de lire un récit pour enfant qui m'a beaucoup remise en question. Ce récit, Jimmie et les esprits Kachinas,
fait partie d'une série publiée par les édition in octavo, avec l'intention affichée de faire découvrir le monde aux lecteurs.
Or j'ai justement écrit un manuscrit avec le même point de départ (en fait techniquement deux manuscrits, soit deux pays différents). J'ai tenté à plusieurs reprises de me faire publier, mais en
vain, et j'en suis toujours un peu déçu (du coup régulièrement je le propose à d'autres maisons d'édition découverte grâce à ce blog). D'ailleurs si quelqu'un est tenté pour me publier, il y a un
formulaire de contact sur la droite ;-)
Ma chronique d'aujourd'hui est donc légèrement biaisée, même si, ayant conscience de ce biais je vais tenter de le laisser de côté.
Victor a deux parents médecins grâce à qui il va pouvoir découvrir de l'intérieur la vie quotidienne des indiens Hopi, voisins et ennemis des Navajo. Sur place, un seul enfant parle français, Jimmie.
J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire car j'ai trop eu la sensation de lire le dernier tome d'une série et de manquer d'informations. Les parents de Victor sont appelés par leur prénom et je n'ai pas saisi tout de suite qui était Léa, pourquoi ils voyageaient tant, etc. Dommage car en dehors du premier chapitre, le récit est indépendant des autres.
Le récit se lit facilement, distille un savoir ethnologique à chaque page et se termine par un petit dossier avec du vocabulaire, une recette de cuisine et une bibliographie. L'ensemble est cousu de fil blanc, mais je pense qu'un enfant passionné des indiens passera outre pour la possibilité de découvrir une culture autre que les plus connus.
Mais l'auteur ne peut s'empêcher de faire du bon sentiment. Je vous laisse constater
p 19 « Comme chaque fois qu'il voyage, il constate que cela a du bon de découvrir de nouvelles cultures. On devient plus curieux et tolérant ! »
En fait je pense que sans le dénouement de la petite aventure de Victor, cela m'aurait à peine déranger. Mais après une volonté de montrer qu'il ne faut pas juger trop vite les étrangers, l'auteur choisit pour grand méchant les Navajos, ennemis ancestraux des indiens Hopi. Elle ne choisit pas un groupe d'ado qui voulait faire la fête, un chef d'entreprise sans scrupule. Non juste des Navajos, qui font ça parce qu'ils veulent gagner de l'argent sur le dos des Hopis et que de toute façon ils sont ennemis depuis toujours. Ça ne fait pas un peu cliché ? On tombe totalement dans les préjugés et l'entretien de la discrimination. Finalement il semble plus facile d'être ami entre Français et Hopi, que Français ou Hopi et Navajo... La tolérance est vite limitée.
Alors faut-il le lire ou pas ? Je pense qu'il est à réserver aux enfants qui aiment découvrir de nouvelles cultures, qui ont déjà épuisé un paquet de titres et qui veulent sortir des cultures souvent décrites. Ou alors pour un passionné d'indiens. Mais si vous cherchez à déclencher une passion pour l'ouverture sur le monde, essayez un autre titre.
En savoir plus sur l'auteur ici.
Jimmie et les esprits Kachinas– Florence Marguerie – in octavo éditions.

Je l'ai déjà dit (enfin je crois l'avoir dit, car en tout cas je le pense plusieurs fois par jour), c'est un vrai plaisir d'être totalement libre du choix de ses
lectures. Depuis que j'ai repris mes études en licence de langues étrangères, j'ai toujours lié les recherches à faire à la littérature. J'ai passé des mois à lire tout ce que je trouvais où
risquait de figurer un massaï, puis des mois à la recherche de héros polyglotte. Bref, en dehors d'une relecture de mon mémoire, c'est derrière moi et je lis donc beaucoup, tout et n'importe
quoi. Enfin surtout des romans rapides à lire, comme si j'avais besoin de me goinfrer du plus grands nombres de livre possible.
Voici un roman acheté de façon un peu trop
compulsive et que j'ai fini par regretter. Pour ceux qui ne passent qu'occasionnellement par ici, mon namoureux, ma fille et moi-même projetons de partir en voyage longue durée. Ce qui implique
de vider l'appartement de façon massive. Ce qui passe en priorité par une longue vente de livres. Alors quand je rentre chez moi avec un nouveau livre, j'envisage de le cacher, de l'abandonner
chez un voisin et puis finalement je le range discrètement, espérant que face à la quantité que nous avons il passera inaperçu. La plupart du temps ça fonctionne. Même si depuis janvier j'ai du
acheter 4 livres.
Jeanne Ashbé est un peu mon idole. Elle a écrit 