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Faisons la révolution !

Lundi 18 juin 2012 1 18 /06 /Juin /2012 08:00

Je viens de lire deux romans, coup sur coup, sensiblement dans la même veine et qui m'ont l'un comme l'autre laissé perplexe.

Dans les deux cas un jeune garçon est le héros opposé à des confréries secrètes au sein d'établissement. Dans les deux cas ça finit mal et je n'arrive même pas à me dire que c'est une fin positive/encourageant/stimulante/formatrice... En fait si je n'avais lu que le premier il en serait probablement ressorti une chronique plus positive.

 

Elliot - Graham Gardner - Flammarionhttp://www.enseignants-flammarion.fr/docs/Albums/16798/9782081626348_cb.jpg

Elliot était le bouc émissaire des grands/costauds/violents dans son ancien établissement. Le novueau travail de se mère lui donne l'occasion de recommencer, de ne pas se faire remarquer et de s'en sortir. Il découvre cependant très vite que sa nouvelle école abrite les Gardiens, groupes d'élèves organisant tous les sévices.

Ce livre se réfère énormément au roman 1984 d'Orwell. Les Gardiens soutiennent le système autoritaire de 1984. L'amie d'Elliot soutient le héros épris de liberté. Elliot au milieu, n'a pas lu le roman et ne sait qui croire concernant son contenu.

Et justement, comment un ado qui n'a pas lu 1984 pourrait saisir toutes les subtilités de ce roman ?

La construction est habile, le thème de la violence est proposé selon deux points de vue et la conclusion est intellectuellement positive, mais émotionnellement déprimante, surtout quand on a lu le roman d'Orwell.

 

La guerre des chocolats - Robert Cormier - Ecole des loisirshttp://www.ecoledesloisirs.fr/php-edl/images/couvertures/02661.gif

Dans l'école de Jerry, une sorte de société secrète, nommée les Vigiles, désigne des élèves pour accomplir des tâches animant la vie scolaire. Le principe est bon enfant, mais les conséquences peuvent être lourdes.

Tous les ans les élèves doivent vendre des chocolats pour rapporter des fonds à l'école. Cette année un professeur fait appel aux Vigiles pour améliorer les ventes. Alors quand Jerry refuse de vendre, il se met beaucoup de monde sur le dos.

L'horreur, j'ai détesté. C'est lent, très lent. Les points de vue sont multiples mais on ne découvre que tardivement de qui nous parle le narrateur. Et surtout, surtout, je n'aime pas ce roman qui présente la déchéance d'un élève qui a eu envie d'agir librement. Car la vente des chocolats est facultative. L'ensemble est mesquin car c'est pour des raisons que l'on pourrait dire politique et économique que Jerry devient bouc émissaire.

Et la conclusion présente tout ce que je déteste : "fondez-vous dans le moule" !!!!

Je n'ai pas envie de dire à des ados (le lectorat ciblé), arrêtez de rêver, votre vie est déjà tracée par des plus puissants que vous, faites juste ce qu'on vous dit.

J'avais choisi de lire ce livre car il avait eu une très bonne critique dans le magazine des librairies Sorcières (le numéro où chaque librairie présentait trois titres). Je vais fuir cet auteur américain des années 70 et ne le recommande surtout pas.

 

Après recherche, je suis tombée sur cet article, publié en 2000 à l'occasion du décès de Robert Cormier. La guerre des chocolats est son premier roman, il a fait scandale pour sa noirceur, en France on a envisagé de créer une liste noire en littérature jeunesse... Ce n'est pas la noirceur qui me gêne dans ce roman, mais bien la conclusion. Et à ce sujet l'auteur a dit avoir voulu «montrer que le happy end n'est pas un droit donné à la naissance et qu'il faut vouloir le provoquer».


Par Tiphanya - Publié dans : Faisons la révolution ! - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 08:00

Titre : Little Brotherhttp://4.bp.blogspot.com/-aGYQWgIRXnU/T1YMz2JfHkI/AAAAAAAAAnA/IALwoi9U9tQ/s1600/Little-Brother.jpg

Auteur : Cory Doctorow

Editeur : Pocket jeunesse

 

Dans un futur pas si lontain, un attentat à San Francisco met les Etats-Unis en alerte, permettant à la Sécurité Intérieure de renforcer considérablement les contrôles sur les citoyens.

Le jour de l'attentat, Marcus, 17 ans est emprisonné et torturé pour avoir été au mauvais endroit au mauvais. Dès sa sortie de prison, et alors qu'il a juré de ne rien révéler, il décide d'utiliser ses talents informatiques pour combattre le système.

 

J'ai beaucoup apprécié le point de départ du roman, sorte d'hommage à Orwell, à destination d'un public d'adolescents. Mais ce livre n'est à mettre que dans les mains de ceux qui s'y connaissent en informatique. L'auteur a tendance à abuser un peu trop de descriptions informatives pour nous montrer pourquoi et comment Marcus peut combattre la Sécurité Intérieure. Rarement très intéressant, sauf si on veut tout savoir sur le cryptage... Bon j'exagère quand même un peu, car cela a le mérite d'être compréhensible, même par une nana qui se moque de savoir comment fonctionne son pc du moment qu'en appuyant sur ON ça démarre.

 

Mais surtout, à partir de la moitié du roman environ, j'ai compris que l'auteur était canadien, que la révolution reste un outil de barbare et donc Marcus m'a énervé. Il commet des erreurs qui sembleraient évidentes à n'importe qui (son rassemblement vampire, n'importe quoi !). Et finalement la conclusion montre tout le contraire de ce que l'auteur semblait nous dire depuis le début. Il ne cesse de répéter que les jeunes doivent se battre et défendre leurs idées, mais ce sont les adultes qui règlent le problème... Je ne vous en dis pas plus pour ne pas spoiler ceux qui seraient tentés, juste sachez que j'ai été déçue.

 

Un livre difficile à situer, hésitant entre un hommage à la liberté, et une conclusion qui est une invitation à ne pas faire de vagues. Je pense quand même que les jeunes geeks devraient prendre plaisir à le lire.

 

En savoir plus :

- lire le livre en téléchargement légale et gratuit mais en anglais

- les avis de Hérisson (un coup de coeur pour elle) et de Francesca.


Par Tiphanya - Publié dans : Faisons la révolution ! - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 08:00

Titre : Birth marked - tome 1http://www.fleuruseditions.com/birth-marked-rebelle-5768-450-450.jpg

Auteur : Caragh M. O'Brien

Editeur : Mango

Pour les adeptes des dystopies et des rebelles

 

En 2400 - quelques années après un terrible choc climatique.

Gaia a 16 ans, comme sa mère, elle est sage-femme. Comme sa mère chaque mois elle confie trois enfants à l'Enclave, ce lieu clôt où vivent les riches et privilégiés.

Elle n'a jamais remis en doute l'utilité de son geste malgré les pleurs de certaines mères obligées de se séparer de leur enfant. Mais lorsque ses parents sont conduits en prison dans l'Enclave, elle décide de tout faire pour les aider, et découvre ainsi l'envers du décor.

 

Aussitôt sortie, aussitôt lu, aussitôt apprécié.

La couverture est pour une fois très belle, et le ruban scellant le livre est un détail marketing qui me plaît, surtout qu'au final le roman est au même prix que les autres grands formats. Pourquoi se priver d'un petit gadget ? Je vous laisse tout de suite jeter un oeil aux couvertures anglophones, beaucoup moins classieuse.

 

http://karinlibrarian.files.wordpress.com/2010/01/birthmarked-2.jpg?w=201

 

http://karinlibrarian.files.wordpress.com/2010/01/birthmarked.jpg?w=203

 

Mais même si je choisie mes livres majoritairement selon leur couverture, j'espère que ce qui vous tente vous, c'est son contenu.

 

Le premier tiers du roman est long et un peu ennuyeux car on ne connaît rien à l'univers et donc on ne comprend pas tout. On entre dans ce monde directement avec de l'action et les éléments s'emboitent entre eux très doucement. Mais dès que j'ai eu en tête la majorité des éléments clés de l'univers, j'ai dévoré ce roman, craquant totalement pour Léon, visualisant les tenues colorées des différentes catégories sociales, sentant l'odeur du pain à la cannelle... Les descriptions des lieux et des scènes permettent même dans certains cas de réfléchir plus vite que l'héroïne sur le fonctionnement de l'Enclave (et augmenter notre inquiétude pour elle).

 

C'est un roman très féminin, l'héroïne est une jeune femme et le mystère à percer étant lié à la génétique (je n'en dirai pas plus), on croise beaucoup de médecins. Bizarrement ces médecins sont tous des femmes ou presque, dont beaucoup de sage-femmes et pédiatres. De plus l'action s'associe à un début de romance.

 

Au fil de ma lecture me sont revenus en tête des passages de Uglies, Les âmes vagabondes et même Gone. On est dans une dystopie intéressante, bien construite, dont malheureusement il faudra attendre quelques mois pour avoir la suite.

 

En savoir plus : une interview (en anglais de l'auteur), j'aime beaucoup sa réponse à la dernière question et le site de l'auteur qui pour la sortie du livre en français a fait l'effort d'écrire en francais.


Par Tiphanya - Publié dans : Faisons la révolution ! - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 08:00

Titre : Le combat d'hiverhttp://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/7/2/8/9782070574827.jpg

Auteur : Jean-Claude Mourlevat

Editeur : Gallimard Jeunesse

Pour les ados qui rêvent de liberté et de révolte

 

Lorsque Milena et Helen croisent la route de Bartolomeo et Milos, leur vie prend un tournant inattendu. Elles vont découvrir pourquoi elles sont enfermées dans un orphelinat et choisir la liberté. Mais leur chemin va être long, ils seront pourchassés par les hommes-chiens, soutenus par les hommes-chevaux, enrollés dans la résistance pour les plus chanceux ou transformé en gladiateur.

En un hiver leur vie va changer ainsi que celle de tout le pays.

 

J'ai un avis très mitigé sur ce roman. Je sais qu'il a reçu de multiples prix (dont le Prix Sorcières en 2008), mais j'ai été déçu par la fin. Comme quoi, tous les goûts sont dans la nature.

 

Revenons au commencement. Le livre est en deux parties. La première m'a totalement enthousiasmé, j'ai adoré suivre Helen et Milos, si fragiles, qui se lancent dans l'aventure pour sauver leurs amis. La narration est très bien menée liant les enfants bien qu'ils soient séparés dans leur fuite.

 

Puis la deuxième partie, la déception. Helen et Milos passent du rôle de meilleurs amis des héros de la révolution à celui de "rien". Helen devient un accessoire totalement ridicule (non pas forcément dans ses actions, mais dans la façon dont elle est présentée et dont on suit ce qui lui arrive). Et Milos va vivre quelque chose de surprenant et décallé par rapport au reste du récit. Une parenthèse cauchemardesque qui ne mène nul part. Et au final, c'est deux personnages auxquels on s'est attaché semble nous dire, "ne faites jamais la révolution". Il n'y a pas assez de lumières, trop de stupidité humaine à la fin pour être un appel positif à la liberté. (et j'aime l'idée que la révolution, mène à la lumière, même si le chemin est sombre).

De plus la narration perd de son aisance et les éléments s'enchaînent beaucoup moins bien entre eux. J'ai eu du mal à rester captiver.

 

Dernier défaut à mon goût : l'univers. On ne sait rien de ce monde et au fil des pages on ne fait que se poser de plus en plus de questions, sans jamais trouver de réponses. Pourquoi un tel régime a-t-il été mis en place ? D'où sortent les hommes-chiens ? Quel est le but de restaurer les combats de gladiateur ? Quelle ambiance règne-t-il véritablement dans la ville (je me suis demandée si la révolution n'était pas un mouvement marginal) ? Qui sont véritablement les consoleuses, ces femmes travaillant pour le gouvernement ? Et c'est quoi ce méchant même pas méchant ?

 

A lire : quelques avis positifs Lael, Sophie Faelys et Ori.

On m'a dit que "Le chagrin du roi mort" était mieux, donc je le lirai probablement.


Par Tiphanya - Publié dans : Faisons la révolution ! - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 08:00

Titre : Chroniques de l'Université invisiblehttp://ecx.images-amazon.com/images/I/61f8THWaoDL._SL500_AA300_.jpg

Auteur : Maëlle Fierpied

Editeur : Ecole des loisirs

Dès qu'on peut lire 400 pages

 

Mélusine lit dans les pensées des gens. Il en a toujours été ainsi et en dehors de quelques migraines, tout va très bien. Mais un jour au collège, alors qu'elle pense tricher en toute discrétion, elle se fait attraper et sa vie prend un virage radical lorsqu'elle disparaît de la vie de ses proches pour intégrer l'Université invisible.

 

Désolé pour le résumé, je n'ai pas envie de trop vous en dire car moi-même je ne savais presque rien en commençant et j'ai adoré. C'est un vrai coup de coeur.

 

Dans les trois premières, on découvre à chaque fois un nouveau personnage, nous permettant d'entrer un peu plus avant dans les mystères de l'université. Et lorsqu'enfin on pense avoir tout compris, la quatrième partie démarre et ...

Les personnages ont chacun une voix indépendante, un rythme et un tempérament qui leur est propre. Je préfère Mélusine, mais en même temps j'adore Framboise, héroïne de la deuxième partie. Elle fait notamment la rencontre de Dante et de ses proches.

 

Mais pourquoi le lire? Sur des principes déjà vus et revus, Maëlle Fierpied crée des personnages attachants, une histoire originale et intéressante, le tout avec une écriture qui évolue dans chaque partie tout en nous tenant captif. C'est aussi un récit initiatique mêlée à une découverte de l'amitié et de la confiance en l'autre, avec un soupçon d'aventure, de frisson (grâce à Dante) et d'humour (grâce à Framboise).

 

On ne s'arrête surtout pas à la couverture, car si le concept va plaire surtout aux fans de Xmen, les filles devraient aussi y trouver leur bonheur (si, si, promis).

 

A lire absolument !!!!!

 

Et pour en savoir plus, allez lire cette interview faite par moi-même grâce à la gentillesse de l'auteur.


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